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Les Pères de l'Église et le mauvais œil

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Les Pères de l'Église et le mauvais œil

Par Matthew W. Dickie

Magie byzantine, édité par Henry Maguire (Dumbarton Oaks, 1995)

Introduction: Le but de cet article est de montrer à quel point même les chrétiens les plus instruits et les plus sophistiqués de la fin du IVe siècle et du début du Ve siècle ont trouvé qu’il était difficile de se débarrasser de l’idée que l’envie confère un pouvoir malin aux yeux des hommes. L'idée en cause est que les yeux des hommes envieux peuvent, sans aide, infliger des blessures à distance. C'est la croyance appelée le «mauvais œil» par les locuteurs de l'anglais et d'autres langues européennes modernes, bien que ce ne soit pas de manière significative la manière dont la plupart des hommes de l'antiquité païenne et chrétienne s'y seraient référés. La difficulté qu'ont eue des pères de l'Église comme Basile, Jérôme et Jean Chrysostome à se libérer de cette idée est une indication de la profondeur de celle-ci dans la population générale.

J'essaierai également de montrer que ces pères d'église, qui s'attaquent à la croyance au mauvais œil, ne traitent qu'un seul aspect d'une constellation de croyances beaucoup plus large. Ils laissent sans conteste l'hypothèse qu'il existe des forces surnaturelles envieuses désireuses de détruire la prospérité, la vertu et la beauté. Leur incapacité à traiter cette question plus vaste est une indication supplémentaire de la part de la constitution mentale des hommes dans la conviction que la vie était assaillie par des forces envieuses invisibles. Nous voyons des preuves de cette peur dans les nombreuses amulettes qui survivent à cette période. Il est important de garder à l'esprit que la peur reflétée dans ces objets n'est pas dirigée spécifiquement contre le mauvais œil comme les pères de l'Église l'interprètent, mais vers un spectre beaucoup plus large de dangers. Dans le cas de Basile et Jean Chrysostome, et peut-être dans une moindre mesure de Jérôme, il y a un autre facteur qui a affecté leur réflexion sur le mauvais œil: l'influence de la philosophie païenne les a amenés à concentrer leur attention sur une conception sévèrement restreinte du mauvais œil à l'exclusion d'autres croyances apparentées.


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